Publié : 31 mars 2025 à 8h01 par Dimitri COUTAND
Fin de la trêve hivernale : face à la hausse des expulsions, les associations alertent l'Etat
Alors que la trêve hivernale s’achève ce lundi 31 mars, les chiffres de l’exclusion explosent. Les associations tirent la sonnette d’alarme face à une crise du logement d'une ampleur inédite.
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Ce lundi 31 mars marque la fin de la trêve hivernale, période pendant laquelle les expulsions locatives sont suspendues. Chaque année, ce répit hivernal protège temporairement des milliers de familles modestes. Mais cette année, les signaux sont au rouge vif : près de 24 000 ménages ont été expulsés en 2024, un record absolu selon la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre).
Les expulsions ont plus que doublé en dix ans
Ce chiffre dépasse de loin les 19 000 expulsions recensées en 2023 et a plus que doublé en une décennie. Un tiers des personnes expulsées n’ont aucune solution pérenne de relogement même 1 à 3 ans après leur expulsion. La majorité finit par vivre chez des proches, à l’hôtel, en camping, voire dans leur voiture.
Selon la plateforme “Logement pour tous” (CGT, Droit au logement, Solidaires...), jamais depuis 50 ans les indicateurs du mal-logement n’ont été aussi catastrophiques : 2,6 millions de demandes de logements sociaux en attente, 4,2 millions de personnes mal-logées, et 350 000 sans-abris sur le territoire.
Réaction attendue des pouvoirs publics
A Nantes et son agglomération, ils sont environ 3 500 personnes sans domicile fixe selon l’inter-collectif “Personne à la rue”. Ils étaient environ 2 000 en 2023 à Rennes. Près de 600 sans-abris ont été recensés en 2024 à Brest. A Lorient, 500 personnes étaient hébergées chaque nuit par l’Etat l’année dernière.
Face à cette explosion des expulsions, les associations appellent à une réaction immédiate des pouvoirs publics. Elles dénoncent un système de plus en plus défaillant, incapable de protéger les plus fragiles.